Lesb-Belgique

Merci de penser à vous présenter avant de poster ;o)
AccueilAccueil  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Ce forum est verrouillé, vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.Partager | 
 

 petit conte... entre gris et lumiere

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Dohyko
Apprentie Groseille
Apprentie Groseille


Nombre de messages: 11
Age: 25
Ville: namur
Date d'inscription: 31/12/2007

MessageSujet: petit conte... entre gris et lumiere   Lun 31 Déc - 22:18

un enfant s’appelait Cronisthene. Ses parents et lui vivaient dans un appartement au 178è étage d’un immeuble immense d’une ville dont on ne savait les limites, Evincipolie. Monsieur et madame s’inquiétaient beaucoup
pour lui car jamais un son n’était sorti de la bouche de leur enfant, et il
avait aujourd’hui 6ans. Chez eux il s’asseyait face à la grande baie vitrée et regardait l’épais nuage de pollution pendant des heures. Il ne se levait que pour manger et dormir.
seulement, à 6 ans, comme tout bon petit évincipolien, il devait être scolarisé. Paniqués par la situation, ils avaient consulté tous les grands spécialistes en vain: ils n’avaient rien trouvé ! L’enfant d’après eux n’était pas malade, donc pas de dispense et Cronisthene irait à
l’école le lendemain, la loi était formelle !

Le lendemain madame se leva très tôt, elle avait peu dormi, et quand elle entra dans la chambre de son enfant pour l’inciter à se lever, elle eut un mouvement de recul. Il était assis sur son lit, avait rassemblé ses affaires. Il était beau dans son uniforme, mais surtout, c’était la première fois qu’il lui souriait. Elle appela alors son mari. Monsieur, sans enthousiasme, vint voir et lui aussi, quelle ne fut pas sa stupéfaction !!! Il dit à sa femme:
« Tu vois finalement il ne faut pas
trop s’inquiéter, il a l’air heureux lui d’aller à l’école !» et sur ce la
petite famille se mit en route. Cronisthene regardait les gens autour de
lui qui semblaient tous bien tristes, il ne parlait toujours pas mais son
sourire brillait. Et puis ils tombèrent face à un énorme bloc de béton, ses
parents le poussèrent à l’intérieur, ils traversèrent un long couloir avant de
ressortir dans un espace clos.
« Tiens c’est la cour ! dit le père, reste là nous avons quelques mots à échanger avec la directrice à ton sujet. »

Cronistene resta immobile et ouvrit grand ses yeux, de nombreux enfants couraient partout, ils criaient, couraient derrière une balle, se chamaillaient. Et puis sa présence attira leur attention, en trois minutes tous les enfants étaient autour de lui et ils lui posaient milles questions :
« Comment tu t’appelles ? Où tu habites ? Est ce que tu veux jouer au loup glacé avec nous? »
Cronisthene lui ne répondait rien, il ouvrait juste un peu plus ses grands yeux azures… alors les autres enfants se fâchèrent: ce petit nouveau semblait les ignorer sinon les mépriser en gardant un tel silence. Ils commencèrent donc de le brusquer, de l’intimider, puis arrivèrent les insultes et enfin les coups.

Cronisthene ne souriait plus, dans son regard on lisait un effroi terrible. soudain il se mit à courir très vite, très, très vite vers la sortie. Enfin dehors il continua encore longtemps sa course effrénée dans les rues. Quand d’épuisement il s’arrêta, il était perdu, sans parents, sans rien et impossible de demander quoi que ce soit à quiconque puisqu’il ne parlait toujours pas…
Il s’assit alors tout contre une gouttière et s’endormit.

Quelques heures plus tard il sursauta dans son sommeil, une main s’était posée sur son épaule, un vieillard le regardait bien en face. Il l’incita à se lever et le prit par la main. Docilement Cronisthene le suivit. Peu de temps après l’enfant était assis à une table chez le vieil homme qui continuait de le toiser. Il ouvrit la bouche et lui dit :

« Je m’appelle Esperenzo, je connais tes rêves
et si tu veux je peux t’aider à les réaliser. »

Le regard de Cronisthene s’illumina de nouveau. Esperenzo reprit la parole :
« Mon enfant tu veux connaître l’autre coté. Tu veux voir ce qu’il se cache derrière le nuage. Je t’y amènerai demain en attendant mange et reprends tes forces.»

Et la soirée se déroula paisiblement.

Le jour suivant Cronisthene fut réveillé très tôt par le doux sifflement de la théière. Il se leva bu le thé brûlant puis, après un semblant de toilette, la voix ferme d’Esperenzo se fit entendre:
« il est temps maintenant ! »

Et tous deux se mirent en route, ils marchèrent longtemps, très longtemps, Cronithene ne sentait que la douleur brulante de chaque nouveau pas. Enfin ils arrivèrent face à une porte de bois épais. Le vieillard regarda l’enfant et lui passa autour du cou une chaînette avec au bout une petite larme
taillée dans un cristal de roche très pur. « Nous voici arrivé, ce
pendentif t’aidera dans un premier temps, bonne route Cronisthene. » et
aussitôt Esperenzo disparu et l’enfant se retrouva de l’autre coté de la porte comme par enchantement.


Ce qu’il découvrit l’émerveilla, des vallées vertes à pertes de vue et des montagnes immenses aux sommets si blancs qu’ils se perdaient dans le soleil, Cronisthene n’avait jamais vu une telle lumière à Evincipolie tout était gris… et là cet astre chaud et violent à la fois doux et brûlant. Il senti pour la première fois son cœur battre et la petite amulette brilla très fort. Ses yeux piquaient et « plop » une petite perle translucide vint se briser sur sa main, il pleurait de bonheur… bouleversé il se remit en marche, il découvrit alors les fleurs de toutes les couleurs, les arbres immenses et protecteurs, la douceur de l’herbe sous ses pieds. Il était heureux, furieusement heureux, son cœur enflait, enflait… il aurait aimé à ce moment parler à Esperenzo de tout ce qu’il se passait dans sa vie, toute cette lumière inattendue, c’était la seule personne qui avait semblé le comprendre.
Mais il était bien seul et il ne savait même pas s’il pouvait parler
d’ailleurs. Sa tête bourdonnait de toutes ces choses et le doute insidieusement s’installait, qu’allait il faire de tout ça ? Tout ça pour lui, c’était beaucoup trop, il voulait crier chanter sa joie, partager … mais personneà qui tenter de dire. Il sentit alors le chagrin l’envahir, sa solitude le faisait souffrir. Dans toute cette beauté il était oppressé. La douleur de
l’enfermement était bien plus insupportable que ces heures passées à fixer le nuage pollué en rêvant. Son rêve était là devant ses yeux mais au même moment une faille en lui s’ouvrait. Il pleurait maintenant à chaudes larmes, ces parents lui manquait, ils l’auraient peut être écouté, après tout il était leur fils, non ? Non ses parents étaient bien loin eux aussi, bien loin de sa
nouvelle réalité, jamais ils ne l’auraient cru. Il pleurait de plus belle. Et
il repensait à l’école, ses enfants ils voulaient tout savoir, et ils l’avaient
battu parce qu’il ne disait rien, peut être eux … non pas eux ils étaient
moqueurs et ça lui faisait encore mal, les mots méchants résonnaient. Mais à qui, à qui raconter tout ça ?


Soudain, un cri, le sien.


L’écho se tu. Il senti alors le petit cristal lui brûler
le cou, il brillait très, très fort. Et de derrière un arbre apparu un petit être
étrange, des petites oreilles pointues dépassait d’un bonnet de fortune en
feuille, il était tout de vert vêtu et, ses yeux, deux petites billes noires,
le regardait d’un air interrogatif.Cronisthene tout de suite aurait aimé
s’excuser, lui-même effrayé de ce qui c’était passé, mais le petit être lui
souriait doucement. Il y eu un moment de flottement, ils se dévisageaient, se guettaient.
« Tu ne me parles pas ? » s’entendit
dire Cronisthene à son grand étonnement. C’est vrai ça, tout le monde lui
parlait avant, c’était à lui qu’appartenait le silence… mais l’être étrange ne
pipait mot, il souriait toujours.Cronisthene dans la confusion de ses
quelques mots et surtout l’infinie douceur des petites billes noires, s’assit,
et quand il fut bien installé sur un tapis de mousse à la hauteur de ce nouveau compagnon, il le vit incliner la tête et la poser dans ses mains.

Le petit pendentif se remit à étinceler,
une toute petite lumière pure et intense. Cronisthene parla.

il racontait à présent ce qu’il avait vu
depuis tout ce temps, ses mots chantaient, s’envolaient, se bousculaient et
finalement s’éteignirent avec la lumière de l’amulette. Ils restèrent un moment encore à écouter le silence, ils semblaient heureux tous les deux.
« Elle est belle ton histoire Cronisthene, j’aimerais que tu sois là chaque jour pour m’en conter d’autres, dit le petit être.

-mais je n’en ai pas d’autres moi, je t’ai tout raconté, balbutia Cronisthene.

-oh si j’ai vu ton cœur briller, tu en as bien plus que tu ne penses, n’ai pas peur. Sers toi de tes yeux qui n’ont de cesse de regarder le monde et plonge les en toi, c’est si beau quand tu parles…
je reviendrais demain…

-attends ! Avant de partir dis moi ton prénom s’il te plait.

-je m’appelle Libslicht, à demain Cronisthene.»

Et hop, le petit être disparu… à nouveau seul, Cronisthene n’en revenait pas, il avait parlé. Ses mots lui semblait en lui depuis toujours, ils sommeillaient, et là ils avaient virevolté pour se poser en douceur sur Libslicht. Le cœur de Cronisthene s’était remis à battre à l’allure sereine du bonheur, il s’endormit, le sourire aux lèvres.

Au petit matin, la première image qui lui vint à l’esprit fut celle de Libslicht. Il voulait le revoir, après tout n’était ce pas un peu son ami? Il fut pris de panique, qu’allait il bien pouvoir lui dire ? Il se remémora alors les mots du petit être : « plonge tes yeux en toi ». Qu’est ce que cela pouvait il bien signifier ? Cronisthene n’en avait pas la moindre idée, et comme il tournait en rond depuis bientôt plus d’une heure, il décida de se remettre en route. De toute manière, se disait-il en avançant, je trouverais d’autres choses à raconter. Et il marcha donc toute la journée les yeux grand ouverts à l’affût de tout ce qu’il trouvait de nouveau. Quand vint le soir, il s’arrêta enfin, ses
jambes lui faisaient mal et il se sentait vide, comme si tout était passé à
travers lui. C’est alors qu’il entendit un minuscule sifflotement, Libslicht
était devant lui, en tailleur, la tête entre ses mains, il lui souriait.
Cronisthene ouvrit alors la bouche pour lui raconter quelque chose, peu importe quoi, mais il y avait urgence, il ne voulait pas que le petit être s’en aille… et ce fut une longue énumération de ce qu’il avait vu. Libslicht attendit la fin mais il paraissait triste et Cronisthene se sentait encore plus mal.

« Raconte moi autre chose, Finit par
dire Libslicht.

-mais je ne sais pas quoi te dire moi,
j’avais juste envie d’être avec toi parce que j’aime ta présence, pleurnicha
Cronisthene.

-regarde dans ton cœur, tu vois tu pleures,
tu as plein d’histoires à me raconter.»


Cronisthene resta sans voix un temps, puis il parla de ses rêves quand il était assis face à la grande baie vitrée chez ses parents. Libslicht retrouva son sourire, et la petite larme de cristal brilla à nouveau. Quand il eu fini le petit être disparu, et l’enfant s’endormit.


Le troisième jour, Cronisthene se remit en marche découvrant toujours de nouveaux paysages. Après les vallées vertes et les montagnes, il avait traversé le désert, et il était maintenant face à une étendue verte et bleue infinie qui n’avait de cesse de s’avancer vers lui et reculer. C’était froid quand ça l’effleurait, mais le mouvement lui était agréable et apaisant. C’était le soir, il s’assit et contempla longuement, écoutant le murmure du va et viens. Le temps passait et Libslicht n’était toujours pas là. Pour
la première fois alors Cronisthene se mit en colère: Libslicht lui avait menti,
il ne reviendrait pas. Alors, campé sur ses jambes frêles il s’agita face à la
masse devenue noire, il lui cria combien il avait aimé et combien il souffrait
d’avoir tout perdu, et il la supplia de le prendre. La petite larme de cristal
brilla intensément lui brûlant la peau juste à l’endroit où reposait le petit
pendentif. Et les eaux déchaînées le happèrent.

Cronisthene ballotté par les flots se laissait sombrer étranglé par la rage. Il ne voulait plus voir ses merveilles qui lui semblait alors si inutiles, il ne voulait plus partager un petit peu de son âme pour se sentir trahit, il préférait disparaître de ce monde. c’est alors que lui parvint un tout petit sifflement très lointain.

Il ouvrit un œil, puis l’autre, une petite fille le fixait de ses deux petites
billes noires en sifflotant, il était allongé dans la cour de l’école, les
enfants couraient. Il avait mal partout, il se releva péniblement.

« Je m’appelle Libslicht, j’ai six ans et toi ? » sa petite voix tintait comme un carillon de cristal, elle l’épousseta consciencieusement et repris :

« tu as mal ?? C’est quoi cette petite marque rouge dans ton cou ? »

Cronisthene interdit plongea ses deux grands yeux azures dans les petites billes noires.

« Je m’appelle Cronisthene » murmura-t-il. et la petite fille lui sourit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
miss_grenadine
Groseille Intéressée
Groseille Intéressée


Nombre de messages: 296
Age: 24
Ville: bruxelles
Date d'inscription: 30/08/2006

MessageSujet: Re: petit conte... entre gris et lumiere   Mar 1 Jan - 14:40

C'est très très mignon (j'aurais voulu trouver un mot moins gnangnan que mignon mais on est un lendemain de veille quand même :o) )
C'est chouette et bien pensé :o)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Dohyko
Apprentie Groseille
Apprentie Groseille


Nombre de messages: 11
Age: 25
Ville: namur
Date d'inscription: 31/12/2007

MessageSujet: Re: petit conte... entre gris et lumiere   Mar 1 Jan - 15:32

merci... en fait ça n'a pas été pensé lol juste couché comme ça sur le papier... j'aime bien regarder les choses émerger et me perdre avec.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
miss_grenadine
Groseille Intéressée
Groseille Intéressée


Nombre de messages: 296
Age: 24
Ville: bruxelles
Date d'inscription: 30/08/2006

MessageSujet: Re: petit conte... entre gris et lumiere   Ven 4 Jan - 14:54

c'est chouette d'écrire sans penser, effectivement, ça nous perd et ça libère :)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

petit conte... entre gris et lumiere

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Lesb-Belgique :: (`'•.¸(`'•.¸* ENTRE NOUS *¸.•'´)¸.•'´) :: Vos Ecrits-
Ce forum est verrouillé, vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.